{"id":380,"date":"2024-03-09T21:25:36","date_gmt":"2024-03-09T20:25:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/?p=380"},"modified":"2024-03-09T22:07:46","modified_gmt":"2024-03-09T21:07:46","slug":"lavare-mise-en-scene-de-benoit-lambert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/index.php\/2024\/03\/09\/lavare-mise-en-scene-de-benoit-lambert\/","title":{"rendered":"L\u2019Avare &#8211; mise en sc\u00e8ne de Beno\u00eet Lambert"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>vu le 7 mars au Th\u00e9\u00e2tre 71<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-base-2-background-color has-background has-medium-font-size\">J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me faire plaisir en allant voir un Moli\u00e8re, encore. Apr\u00e8s le <em>Bourgeois <\/em>\u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise, je me suis dit : pourquoi pas ? Si c\u2019est cela que je recherche au th\u00e9\u00e2tre. Du grand divertissement. Pass\u00e9e une petite appr\u00e9hension avant le commencement, c\u2019est une tr\u00e8s bonne surprise. Et ce, m\u00eame avec la pr\u00e9sence juste devant moi d\u2019une bande de coll\u00e9giens. C\u2019est dire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Bande annonce L&#039;AVARE - Malakoff sc\u00e8ne nationale\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ZoEAtEQDlYc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bande-annonce qui a le m\u00e9rite d&rsquo;exister, mais qui n&rsquo;est pas tr\u00e8s flatteuse pour le spectacle, comme toutes les bandes-annonces de th\u00e9\u00e2tre. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized wp-duotone-duotone-1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"433\" height=\"577\" src=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240309_212315-removebg-preview.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-384\" style=\"width:152px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240309_212315-removebg-preview.png 433w, https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240309_212315-removebg-preview-225x300.png 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 433px) 100vw, 433px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un programme trompeur<\/h2>\n\n\n\n<p>Je ne cache pas avoir fait la moue en ouvrant le programme. La soi-disant note d\u2019intention est pleine de platitudes. Avec lesquelles je suis tout \u00e0 fait d\u2019accord, par ailleurs \u2013 elles refl\u00e8tent m\u00eame ma pens\u00e9e. Beno\u00eet Lambert y dit ne pas comprendre pourquoi il aime Moli\u00e8re et pourquoi il y retourne sans cesse. Le \u00ab myst\u00e8re Moli\u00e8re \u00bb, selon ses mots. Moi aussi, j\u2019aime Moli\u00e8re malgr\u00e9 son apparente simplicit\u00e9, ainsi que le caract\u00e8re b\u00eate et peu profond qui se d\u00e9gage de ses pi\u00e8ces aux intrigues vieillissantes. Certes. Mais je sais pourquoi je l\u2019aime : c\u2019est pour sa ma\u00eetrise parfaite de la dramaturgie, qui donne lieu \u00e0 un comique atemporel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Beno\u00eet Lambert ne dit rien de cela. Il ne dit absolument rien du g\u00e9nie d\u2019\u00e9criture de Moli\u00e8re. Rien qui pourrait faire changer un peu les scolaires d\u2019avis sur cet auteur que l\u2019enseignement secondaire a compl\u00e8tement diss\u00e9qu\u00e9. Il interroge en effet son propre go\u00fbt pour Moli\u00e8re : \u00ab je me suis demand\u00e9 ce qui m\u2019avait pris, de vouloir monter ce machin. \u00bb Ce faisant, on a un peu l\u2019impression qu\u2019il cherche \u00e0 mettre dans sa poche les nombreux coll\u00e9giens et coll\u00e9giennes que les profs emmenaient voir la pi\u00e8ce ce soir-l\u00e0. Mais cela ne va pas plus loin : le metteur en sc\u00e8ne semble lui-m\u00eame ne pas comprendre puisqu\u2019il poursuit et termine ainsi la note d\u2019intention : \u00ab Et puis en travaillant, en relisant, en approfondissant, l\u2019enthousiasme revient, intact, plus grand m\u00eame. Je suis \u00e9bloui, et je l\u2019aime encore davantage. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, je n\u2019imagine pas un coll\u00e9gien \u00eatre convaincu par cette note d\u2019intention. Et pour le spectateur habitu\u00e9 que je suis, c\u2019est aussi une d\u00e9ception, puisqu\u2019il n\u2019y a l\u00e0 aucune mati\u00e8re pour d\u00e9crypter sa lecture de la pi\u00e8ce ou ses choix dramaturgiques.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;erreur r\u00e9sidait en fait dans le choix d&rsquo;appeler ce texte \u00ab note d&rsquo;intention \u00bb. En effet, il est repris tel quel dans le dossier artistique, mais cette fois sous le titre \u00ab propos introductif \u00bb. Il a sa place dans ce document ; sur la feuille de salle, il m&rsquo;a franchement laiss\u00e9 sur ma faim&#8230;<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/di_lavare_b-lambert_jan23_3z6koceygfc.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Dossier artistique disponible sur la page : https:\/\/malakoffscenenationale.fr\/theatre-71\/programme\/l-avare.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-97eae0ef-4b52-412d-80e9-3059d3d4c228\" href=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/di_lavare_b-lambert_jan23_3z6koceygfc.pdf\">Dossier artistique disponible sur la page : https:\/\/malakoffscenenationale.fr\/theatre-71\/programme\/l-avare<\/a><a href=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/di_lavare_b-lambert_jan23_3z6koceygfc.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-97eae0ef-4b52-412d-80e9-3059d3d4c228\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le risque de la noirceur en com\u00e9die<\/h2>\n\n\n\n<p>Car en v\u00e9rit\u00e9, la pi\u00e8ce parle d\u2019elle-m\u00eame. Le texte de Moli\u00e8re est vraiment bien mis en valeur, les acteurs sont bons et il y a une v\u00e9ritable lecture de la pi\u00e8ce. Le tout reste assez sobre, classique, mais toujours dr\u00f4le et efficace.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant Lambert joue avec le feu : le comique de la pi\u00e8ce \u00e9tait menac\u00e9 par ladite lecture. Il s\u2019agit notamment de mettre en \u00e9vidence le conflit inter-g\u00e9n\u00e9rationnel, la violence dans la sph\u00e8re familiale et plus g\u00e9n\u00e9ralement une certaine noirceur sociale du XVIIe qui ferait \u00e9cho \u00e0 aujourd\u2019hui. J\u2019ai du mal \u00e0 appr\u00e9cier les mises en sc\u00e8ne dont les parti-pris viennent entamer le comique inh\u00e9rent \u00e0 la pi\u00e8ce, et ainsi priver le public du rire \u2013 tout pertinent que soit ce parti-pris.<sup data-fn=\"9b701bf7-2506-4680-a04b-1fb534ba75f3\" class=\"fn\"><a href=\"#9b701bf7-2506-4680-a04b-1fb534ba75f3\" id=\"9b701bf7-2506-4680-a04b-1fb534ba75f3-link\">1<\/a><\/sup> <\/p>\n\n\n\n<p>Mais ici, la noirceur reste subtile, toujours \u00e0 propos. Les mots d\u2019esprit prennent parfois un nouveau tour \u00e0 la vue du d\u00e9cor ; l\u2019humour tire parfois sur l\u2019humour noir ; le spectateur peut toujours rire librement, mais il est amen\u00e9 \u00e0 questionner ce rire. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre, on peut notamment penser \u00e0 la fin du spectacle. Dans la dramaturgie classique de la com\u00e9die, c&rsquo;est l\u00e0 que le n\u0153ud se d\u00e9noue, que le comique s&rsquo;apaise. Mais Lambert fait le choix de tourner en d\u00e9rision le <em>happy ending<\/em> typique du genre. Avec des effets de lumi\u00e8re divine, de la musique sacr\u00e9e et de grands gestes dramatiques, le metteur en sc\u00e8ne souligne le caract\u00e8re totalement illusoire de la fin. Cette approche sarcastique est cependant accomplie tout en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Elle ajoute simplement une strate de comique \u00e0 un spectacle d\u00e9j\u00e0 complet. Et les jeunes premiers amoureux n&rsquo;en sont pas moins adorables. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un spectacle au service de l&rsquo;imagination du spectateur<\/h2>\n\n\n\n<p>En effet, le d\u00e9cor est compos\u00e9 d\u2019une de nombreuses poutres qui \u00e9voquent une maison en ruine, qui aurait br\u00fbl\u00e9, et dont il ne resterait que les fondations. L\u2019atmosph\u00e8re est \u00e9paisse, et tout est couvert de poussi\u00e8re, ou bien de cendres. Toutes les poutres, dress\u00e9es comme des fl\u00e8ches, pourraient aussi \u00e9voquer une sombre for\u00eat apr\u00e8s un feu. Lors de la confrontation entre Harpagon et son fils Cl\u00e9ante, la lumi\u00e8re transforme la sc\u00e8ne en v\u00e9ritable village d\u00e9sert\u00e9 du Far West : on se croirait dans un western. Et surtout, ces poutres se transforment en potences d\u00e8s qu\u2019on se figure qu\u2019une corde pourrait y pendre. La mort n\u2019est jamais bien loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Et en m\u00eame temps, toutes les caisses, pots et divers objets qui jonchent le sol et encombrent le plateau soulignent simplement le caract\u00e8re de l\u2019avare qui a tendance \u00e0 tout vouloir garder sous la main. Les costumes ne sont pas en reste et r\u00e9unissent plusieurs influences \u2013 des fraises, des robes qui me semblaient plus faire bonne soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise du XIXe\u2026 Ce ne sont pas des costumes d\u2019\u00e9poque ; mais ce ne sont pas des costumes contemporains non plus : il s\u2019agit, comme pour les d\u00e9cors, de multiplier les r\u00e9f\u00e9rences pour convoquer un imaginaire le plus riche possible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1006\" height=\"527\" src=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240307_221210-e1710014872238.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-382\" srcset=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240307_221210-e1710014872238.jpg 1006w, https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240307_221210-e1710014872238-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/20240307_221210-e1710014872238-768x402.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1006px) 100vw, 1006px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Photographie de pi\u00e8tre qualit\u00e9 prise lors du salut. On a une assez bonne vision du d\u00e9cor. Moins des costumes, en revanche, d\u00e9sol\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais tout reste cependant modulable : rien n\u2019est pr\u00e9sent que pour le simple plaisir de l\u2019\u0153il. Les objets sont \u00e0 plusieurs reprises l\u2019occasion de gags pratiques. Les caisses servent de pi\u00e9destal et de sc\u00e8ne improvis\u00e9e. Parfois, on pourrait m\u00eame croire \u00e0 des m\u00e2ts auxquels les acteurs s\u2019accrochent. En bref, une sc\u00e9nographie subtile et bien investie par les acteurs. Elle transmet efficacement beaucoup d\u2019id\u00e9es sans pour autant phagocyter le plaisir qu\u2019on prend \u00e0 \u00e9couter Moli\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les acteurs sont g\u00e9n\u00e9ralement bons, m\u00eame si j\u2019ai eu parfois quelques r\u00e9serves. Cela n\u2019a pas d\u2019importance : le principal est que l\u2019ensemble soit dr\u00f4le et satisfaisant. Tous fard\u00e9s de blanc sur le visage, les pommettes r\u00e9hauss\u00e9es, ils avaient l\u2019air de vrais personnages de Commedia dell\u2019Arte. Cela contraste \u00e9videmment avec le d\u00e9cor lugubre, puisqu\u2019ils ont ainsi un aspect un peu clownesque. Ils ont une apparence de personnages de com\u00e9die. Et pourtant, ce visage p\u00e2le peut conduire \u00e0 la confusion du spectateur. En effet, le costume et le pardessus noirs de Cl\u00e9ante, conjugu\u00e9s \u00e0 son teint diaphane, lui donnent une allure gothique, presque r\u00e9miniscente de celle d\u2019un vampire. C\u2019est l\u00e0 encore une autre mani\u00e8re de nourrir l\u2019imagination du spectateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion : du plaisir d&rsquo;aller au th\u00e9\u00e2tre entour\u00e9 de coll\u00e9giens<\/h2>\n\n\n\n<p>En bref, j\u2019ai pass\u00e9 un tr\u00e8s bon moment. Il n\u2019y avait rien de r\u00e9volutionnaire, mais j\u2019ai obtenu ce pourquoi j\u2019\u00e9tais venu : un bon divertissement qui oblige n\u00e9anmoins \u00e0 se remuer un peu les m\u00e9ninges.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis d\u2019autant plus satisfait que le spectacle a vraisemblablement bien fonctionn\u00e9 aupr\u00e8s des coll\u00e9giens. D\u00e9j\u00e0 de fa\u00e7on assez rigolote, pour ce qui est des gar\u00e7ons assis devant moi : j\u2019\u00e9tais \u00e0 \u00e7a de leur demander d\u2019arr\u00eater de soupirer et de regarder leurs t\u00e9l\u00e9phones, quand soudain le personnage de Marianne a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son visage au plateau, en soulevant la large capuche d\u2019une cape. L\u2019un d\u2019entre eux s\u2019est alors exclam\u00e9 : \u00ab WESH ! \u00bb ; ce qui m\u2019a fait sourire. Comme quoi, le spectaculaire repose parfois sur pas grand chose.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Mais surtout, j\u2019ai entendu deux coll\u00e9giennes discuter en sortant. Elles disaient n\u2019avoir parfois pas compris ce qui se passait au plateau, parce qu\u2019elles ne saisissaient pas le sens des mots. Je me rappelle alors \u00e0 quel point m\u00eame \u00e0 Malakoff, bien loin de l\u2019Od\u00e9on ou de la Com\u00e9die fran\u00e7aise, Moli\u00e8re peut \u00eatre l\u2019apanage d\u2019une \u00e9lite. M\u00eame en \u00e9crivant ces mots, je fais peut-\u00eatre preuve de condescendance et de classisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, elles poursuivent : l\u2019une d\u2019entre elles dit qu\u2019elle s\u2019attendait \u00e0 s\u2019ennuyer ferme, mais que finalement non. Et en outre qu\u2019elle se rend compte \u00e0 quel point la langue fran\u00e7aise est riche. Et je suis donc reparti le sourire aux l\u00e8vres, en me disant que non : finalement, il n\u2019y a pas besoin d\u2019\u00eatre un riche bourgeois parisien pour appr\u00e9cier pleinement Moli\u00e8re, sa ma\u00eetrise de la langue et du comique. Bien mis en sc\u00e8ne, Moli\u00e8re peut faire rire tout le monde, sans distinction.<\/p>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"9b701bf7-2506-4680-a04b-1fb534ba75f3\">C\u2019\u00e9tait notamment le cas avec Le Malade imaginaire d\u2019Arthur Nauzyciel : la pi\u00e8ce en elle-m\u00eame est certainement tr\u00e8s sombre, et ce serait sans aucun doute une erreur d\u2019en \u00e9clipser ce versant. Tout y \u00e9tait juste et bien interpr\u00e9t\u00e9 ; et pourtant je ne peux m\u2019emp\u00eacher de lui en vouloir parce qu\u2019il m\u2019a soutir\u00e9 le comique, parce qu\u2019il a d\u00e9tourn\u00e9 la dramaturgie de Moli\u00e8re de son sens original. C\u2019\u00e9tait une r\u00e9\u00e9criture sans vraiment en \u00eatre une. J\u2019aurais probablement \u00e9t\u00e9 beaucoup plus satisfait si au fond de moi je ne venais pas pour voir du Moli\u00e8re mais un travail <em>\u00e0 partir de<\/em> Moli\u00e8re.\u00a0 <a href=\"#9b701bf7-2506-4680-a04b-1fb534ba75f3-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me faire plaisir en allant voir un Moli\u00e8re, encore. Apr\u00e8s le Bourgeois \u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise, je me suis dit : pourquoi pas ? Si c\u2019est cela que je recherche au th\u00e9\u00e2tre. Du grand divertissement. Pass\u00e9e une petite appr\u00e9hension avant le commencement, c\u2019est une tr\u00e8s bonne surprise. 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