{"id":160,"date":"2023-11-14T12:01:53","date_gmt":"2023-11-14T11:01:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/?p=160"},"modified":"2023-11-14T14:25:43","modified_gmt":"2023-11-14T13:25:43","slug":"angela-a-strange-loop-conception-de-susanne-kennedy-et-markus-selg-texte-et-mise-en-scene-susanne-kennedy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/index.php\/2023\/11\/14\/angela-a-strange-loop-conception-de-susanne-kennedy-et-markus-selg-texte-et-mise-en-scene-susanne-kennedy\/","title":{"rendered":"ANGELA (a strange loop) &#8211; conception de Susanne Kennedy et Markus Selg, texte et mise en sc\u00e8ne Susanne Kennedy"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>vu le 10 novembre \u00e0 l\u2019Od\u00e9on (Ateliers Berthier)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Il serait facile de voir dans <em>ANGELA<\/em> le parangon de la cr\u00e9ation contemporaine telle que se la repr\u00e9sentent ses d\u00e9tracteurs : utilisation copieuse des \u00e9crans et de la sonorisation, jeu froid et d\u00e9sincarn\u00e9, bons gros effets stroboscopiques, th\u00e8mes d\u2019actualit\u00e9. Mais m\u00eame si ce n\u2019\u00e9tait que \u00e7a, ce serait d\u00e9j\u00e0 un coup de ma\u00eetre, car la pi\u00e8ce ma\u00eetrise et investit ces techniques \u00e0 la perfection.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\"><strong><em>ANGELA<\/em><\/strong><strong> porte brillamment au plateau le malaise du confinement, le sentiment de l\u2019ali\u00e9nation, et les questionnements existentiels \u00e0 travers le prisme de la maladie. Avec une cr\u00e9ation sonore et visuelle cisel\u00e9e, le public en prend plein la vue<\/strong>. Certes, cela parle de soci\u00e9t\u00e9, de confinement, des d\u00e9rives des r\u00e9seaux sociaux et d\u2019internet : n\u00e9anmoins, ces th\u00e9matiques sont dig\u00e9r\u00e9es pour nourrir un projet puissant et audacieux. Il ne s\u2019agit pas ici de toucher \u00e0 l\u2019universel, ou de ce genre de d\u00e9clarations qui assez souvent me font faire la moue. Non, il s\u2019agit de placer le spectateur dans un \u00e9tat alternatif, de jouer avec ses perceptions de lui-m\u00eame et du plateau, de questionner son rapport au virtuel ou au r\u00e9el.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je me permets de citer \u00e0 ce propos une extrait assez long du programme de salle, vraiment efficace et pertinent dans l\u2019entretien propos\u00e9 avec Kennedy. On lui demande pourquoi elle tient \u00e0 l\u2019id\u00e9e de rituel, ce \u00e0 quoi elle r\u00e9pond :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Parce que c\u2019est ce que j\u2019ai envie de vivre lorsque je vais au th\u00e9\u00e2tre : me d\u00e9barrasser de moi-m\u00eame, mettre mon Moi critique de c\u00f4t\u00e9, pour parvenir \u00e0 un \u00e9tat diff\u00e9rent de celui de ma vie de tous les jours. [&#8230;] Mes exp\u00e9riences de th\u00e9\u00e2tre les plus marquantes ont toujours \u00e9t\u00e9 des spectacles qui parvenaient \u00e0 proposer une exp\u00e9rience des limites. C\u2019est ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement mal vu dans le th\u00e9\u00e2tre allemand, qui pr\u00e9f\u00e8re un discours politique ou social. Mais personnellement, j\u2019ai la nostalgie et le d\u00e9sir de quelque chose d\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce segment de l\u2019entretien porte vraisemblablement plus sur <em>Einstein on the Beach<\/em>, que Kennedy donne aussi pendant le Festival d\u2019Automne. De fait, elle n\u2019\u00e9vite pas les sujets d\u2019actualit\u00e9 politique et sociale dans ANGELA. Mais elle n\u2019y donne pas plus de r\u00e9ponse qu\u2019elle ne pose de questions. C\u2019est une exp\u00e9rience qui r\u00e9sonne et cr\u00e9e avec l\u2019actualit\u00e9, qui se satisfait d\u2019un t\u00e9moignage plut\u00f4t que de se perdre dans de vagues revendications politiques. Il n\u2019y a rien \u00e0 comprendre, il y a tout \u00e0 penser.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne peux n\u00e9anmoins pas affirmer que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 transcend\u00e9 comme j\u2019aurais aim\u00e9 l\u2019\u00eatre. Susanne Kennedy et Markus Selg m\u2019ont parfois un peu perdu. Mais j\u2019admire \u00e0 la fois l\u2019id\u00e9e et son ex\u00e9cution ; et je sors du th\u00e9\u00e2tre avec l\u2019impression d\u2019avoir v\u00e9ritablement obtenu mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Programme-de-salle-ANGELA.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Programme de salle pour ANGELA et Einstein on the Beach. Disponible sur le site de l&apos;Od\u00e9on : https:\/\/www.theatre-odeon.eu\/fr\/saison-2023-2024\/spectacles-2023-2024\/angela-a-strange-loop.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-1ef9fc1a-ca97-4d94-b680-2043e6fdf549\" href=\"https:\/\/www.cinquieme-balcon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Programme-de-salle-ANGELA.pdf\">Programme de salle pour ANGELA et Einstein on the Beach. 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On d\u00e9couvre \u00e0 quel point l\u2019espace est modulable au fur et \u00e0 mesure de la pi\u00e8ce.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le regard restera toujours coinc\u00e9 dans une prison virtuelle : \u00e0 chaque fois que les \u00e9crans \u00e9voquent un dehors, une possibilit\u00e9 d\u2019ext\u00e9rieur, de sortie, ce sont des paysages explicitement faux, compos\u00e9s de polygones, comme s\u2019ils \u00e9taient tir\u00e9s d\u2019un jeu vid\u00e9o aux textures encore fragiles. La sortie n\u2019existe de toute fa\u00e7on que dans notre t\u00eate, comme le souligne la sc\u00e9nographie : EXIT est inscrit en rouge sang en haut du mur, inatteignable pour les personnages. Un autre EXIT figure sur les draps du lit, comme si ce n\u2019\u00e9tait que par le sommeil que l\u2019on pouvait sortir. Et quel sommeil : le matelas est au sol, comme dans une cellule. Quant aux portes, elles sont accompagn\u00e9es d\u2019un son inqui\u00e9tant, qui r\u00e9sonne d\u00e8s lors qu\u2019elles sont ouvertes ou ferm\u00e9es. Dans le reste de l\u2019espace, des statues jaune fluo, comme la table, les chaises et les deux portes. De loin, j\u2019ai cru voir peut-\u00eatre une \u00e9vocation de Brancusi\u2026 mais rien des formes rondes des statues du sculpteur. Ici, c\u2019est une figure anthropomorphique en position f\u0153tale, comme accabl\u00e9 par l\u2019angoisse. Une forme de totem qui peut rappeler l\u2019id\u00e9e de rituel qu\u2019aborde Kennedy dans le programme de salle, et qui sera bien exploit\u00e9e lors de la pi\u00e8ce.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce totem est aussi le reflet d\u2019ANGELA. La jeune femme est touch\u00e9e par une maladie grave qui lui provoque des crises de douleur intense et l\u2019am\u00e8ne vraisemblablement \u00e0 la mort. Dans son entourage, sa m\u00e8re, son petit ami BRAD et une amie du couple, SUSIE. ANGELA, elle, est probablement influenceuse, vid\u00e9aste, cr\u00e9atrice de contenu. On entend \u00e0 plusieurs reprises des messages de ses followers qui l\u2019adulent et forment une vision d\u2019elle dans laquelle elle a visiblement du mal \u00e0 se reconna\u00eetre. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet espace carc\u00e9ral, tout sonne faux et oppressant. ANGELA est contrainte de jouer un r\u00f4le : elle adopte le masque des r\u00e9seaux sociaux avec ses proches, qui sont extr\u00eamement paternalisants envers elle. Elle leur r\u00e9pond \u00ab haha \u00bb \u2013 comme l\u2019on r\u00e9pond \u00ab haha \u00bb par message lorsque l&rsquo;on est g\u00ean\u00e9. Un usage efficace du sample fait r\u00e9sonner \u00e0 la fois ses r\u00e9ponses et les paroles de BRAD et de sa m\u00e8re qui la rabaissent ou l&rsquo;infantilisent dans l&rsquo;espace. BRAD semble \u00eatre l&rsquo;arch\u00e9type du toxic boyfriend. Elle leur lance en retour de faux sourires. La transition entre sa vie publique et sa vie priv\u00e9e est aussi imm\u00e9diate que brutale. Elle semble n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un mannequin de cire dans l&rsquo;une ou dans l&rsquo;autre. Parfois cependant, une fissure, une crise : sa conscience, son individualit\u00e9, \u00e9merge. Peut-\u00eatre mat\u00e9rialis\u00e9e par cette fille en blanc, avec un violon, qui semble \u00e9chapper \u00e0 toutes les r\u00e8gles de cet univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela se passe en effet sous la figure aussi bienveillante que d\u00e9rangeante d\u2019une t\u00eate de chien virtuelle. Celle-ci appara\u00eet sporadiquement \u00e0 l\u2019\u00e9cran pour parler, faire la narration de l\u2019histoire, ou interroger des personnages. Une sorte de Big Brother pass\u00e9 sous le filtre chien d\u2019Instagram.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un clich\u00e9 de dystopie th\u00e9\u00e2trale ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Cela sonne comme une version wish de <em>1984<\/em> \u00e0 la sauce XXIe si\u00e8cle. En effet, on comprend vite que toute la vie d\u2019ANGELA est une mascarade de vie sociale pour un couple de trentenaires influenceurs. On a presque envie de souffler quand BRAD entre sur sc\u00e8ne, croque une pomme, puis dit : \u00ab Ah, j\u2019avais oubli\u00e9 que c\u2019\u00e9taient des fausses \u00bb. Certes, c\u2019est une caricature, mais cela fonctionne. Et puis, m\u00eame si c\u2019est le cas : peu importe. Apr\u00e8s tout, la mise en sc\u00e8ne se concentre autour d\u2019ANGELA et de sa conception mentale du monde qui l\u2019entoure, non de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle se d\u00e9roule l\u2019action.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela, je retiens un trait de mise en sc\u00e8ne particuli\u00e8rement marquant : le <em>playback<\/em>. En effet, toute la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e en studio, par des voix qui ne sont pas forc\u00e9ment celles des acteurs. C\u2019est un proc\u00e9d\u00e9 aussi inventif que fertile sur sc\u00e8ne. Comme l\u2019explique Kennedy, cela change \u00e0 la fois la mani\u00e8re d\u2019\u00eatre sur sc\u00e8ne des acteurs, et la perception des spectateurs qui ne peuvent plus vraiment se fier \u00e0 ce qu\u2019ils voient. Donc oui, caricature de la dictature du virtuel, mais que Kennedy tente de nous faire ressentir d\u2019une mani\u00e8re nouvelle et qui fait ind\u00e9niablement son effet. D\u2019o\u00f9 nous parlent les personnages ? Sont-ils m\u00eame vraiment des personnages ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"ANGELA (a strange loop)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QIHUX-eaego?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Propos recueillis pour le Wiener Festwochen. Susanne Kennedy y parle \u00e0 la fois de la forme et du fond. Elle dit s&rsquo;int\u00e9resser, dans sa pi\u00e8ce, \u00e0 la repr\u00e9sentation des femmes en ligne. Puis elle dit que sa sc\u00e9nographie est un \u00ab questionnement de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9alit\u00e9 ou fiction, r\u00e9el ou virtuel<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire d\u00e9passe en effet largement le cadre du th\u00e9\u00e2tre pour interroger nos conceptions du r\u00e9el et du virtuel en g\u00e9n\u00e9ral. Avant m\u00eame le commencement du spectacle, alors qu\u2019ANGELA attend que le public s\u2019installe, une banderole d\u00e9file sur le mur et signale que la pi\u00e8ce est bas\u00e9e sur des faits r\u00e9els, des interviews, des t\u00e9moignages&#8230; Puis, la figure de chien nous dira que rien de ceci n\u2019est r\u00e9el, que nous-m\u00eames ne sommes pas r\u00e9els, au moment o\u00f9 ANGELA s\u2019appr\u00eate \u00e0 dispara\u00eetre, \u00e0 vivre une exp\u00e9rience qui s\u2019approche de celle de la mort. Le spectateur est constamment plac\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re entre r\u00e9el et virtuel, entre v\u00e9rit\u00e9 et fiction. \u00c0 qui appartiennent les exp\u00e9riences qui serviraient de socle au spectacle ? Les acteurs jouent-ils ou interpr\u00e8tent-ils les voix ? Et que penser de ces \u00e9chapp\u00e9es dans des mondes virtuels diffus\u00e9s sur des \u00e9crans ? \u00c0 la fin, les lumi\u00e8res se tournent vers le public, invit\u00e9 \u00e0 applaudir en m\u00eame temps que les acteurs, mais on ne sait pas exactement ce que l\u2019on applaudit. Cela r\u00e9sume le malaise \u00e0 un niveau personnel que j\u2019ai pu noter pendant le spectacle. Applaudit-on la d\u00e9ch\u00e9ance irr\u00e9m\u00e9diable d\u2019une jeune femme dans un cadre qui s\u2019apparente au n\u00f4tre, avec les personnages insupportables qui l\u2019encadrent ? Nous sommes d\u2019un coup int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la fiction, au moment o\u00f9 l\u2019applaudissement devrait venir la rompre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le public est ainsi int\u00e9gr\u00e9 au dispositif sc\u00e9nique par le questionnement de son rapport au virtuel \u2013 et donc \u00e0 une forme de th\u00e9\u00e2tre \u2013 dans la r\u00e9alit\u00e9 actuelle. Apr\u00e8s tout, ce qui semble \u00eatre les hallucinations d\u2019ANGELA sont bien r\u00e9elles sur le plateau et \u00e0 nos yeux. Ce qu\u2019on voit sur un \u00e9cran semble parfois plus concret que le jeu des acteurs dont la voix vient d\u2019ailleurs. Cela rejoint des questions que j\u2019ai pu me poser \u00e0 propos d\u2019une toute autre \u0153uvre : dans <em>Anatomie d\u2019une chute<\/em> de Justine Triet, on finit par se demander pendant le proc\u00e8s ce qui rel\u00e8ve de la fiction ou de la r\u00e9alit\u00e9 ; tout cela dans un cadre de fiction mais qui pourrait bien \u00eatre le r\u00e9el. <em>ANGELA<\/em> le fait \u00e9videmment de mani\u00e8re beaucoup plus frontale, en passant par des repr\u00e9sentations exacerb\u00e9es du r\u00e9el, mais qui nous concernent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"FESTIVAL D&#039;AUTOMNE 2023 I Susanne Kennedy et Markus Selg, ANGELA (a strange loop)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/UT7677EE7PU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le teaser du festival d&rsquo;Automne qui ne montre pas grand chose mais qui a l&rsquo;avantage d&rsquo;offrir une vue d&rsquo;ensemble du dispositif sc\u00e9nique.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p>Kennedy voit dans la maladie une possibilit\u00e9 de \u00ab transformation \u00bb et donc de th\u00e9\u00e2tre. Le mal-\u00eatre est donc une source fertile de cr\u00e9ation au plateau. Et ce qui en \u00e9merge inclut le spectateur :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai imagin\u00e9 cette figure d\u2019Angela pour proposer un voyage tout \u00e0 fait personnel \u00e0 travers cette maladie, et la maladie dont elle souffre est comme la vie elle-m\u00eame. J\u2019essaie en fin de compte de produire quelque chose dans le corps du spectateur de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il se laisse attraper par cet \u00e9tat.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mon avis, le pari est r\u00e9ussi. Je ne suis pas profond\u00e9ment boulevers\u00e9. Mais la pi\u00e8ce a d\u00e9finitivement \u00e9branl\u00e9 quelques-unes de mes conceptions mentales : je suis bien transform\u00e9 par l\u2019exp\u00e9rience de la maladie d\u2019Angela.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il serait facile de voir dans ANGELA le parangon de la cr\u00e9ation contemporaine telle que se la repr\u00e9sentent ses d\u00e9tracteurs : utilisation copieuse des \u00e9crans et de la sonorisation, jeu froid et d\u00e9sincarn\u00e9, bons gros effets stroboscopiques, th\u00e8mes d\u2019actualit\u00e9. 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